Vague de violences après la mort de Nahel : "Chaque vidéo devient un matériau hautement inflammable"

LCI - 30/06
[VIDÉO] - Emmanuel Macron a pointé du doigt le rôle des réseaux sociaux dans les violences urbaines de ces derniers jours. Pour le sociologue Pascal Lardellier, les auteurs de ces vidéos se livrent à une "compétition" qui relève d'une "logique tribale".

Emmanuel Macron a pointé du doigt le rôle des réseaux sociaux dans les violences urbaines de ces derniers jours.
Pour le sociologue Pascal Lardellier, les auteurs de ces vidéos se livrent à une "compétition" qui relève d'une "logique tribale".

En offrant une caisse de résonnance aux auteurs des violences, les réseaux sociaux contribuent-ils à mettre de l’huile sur le feu ? Pour la troisième nuit consécutive, des tensions ont éclaté un peu partout en France, en réaction à la mort de Nahel, 17 ans, tué par un tir de police à Nanterre. Sur Snapchat, Twitter ou encore TikTok, de nombreux comptes diffusent et partagent des vidéos montrant des scènes de violence, de pillages et de dégradations. Ce vendredi, Emmanuel Macron a mis en cause le "rôle considérable" de ces plateformes, où s'organisent "des rassemblements violents", devenant le vecteur d’"une forme de mimétisme" chez les plus jeunes. 

Lire aussi

Pour le sociologue Pascal Lardellier, professeur à l'Université de Bourgogne Franche-Comté et spécialiste des médias sociaux, difficile de nier le rôle de ces plateformes dans les mouvements de ces derniers jours. "Les réseaux sociaux constituent la base arrière des rébellions. C’est le lieu où toutes ces actions violentes se préparent. C’est là que les différents groupes - comme on l’avait vu avec les gilets jaunes par le passé – vont échanger et communiquer, et que naît l’étincelle qui va impulser une action. Plus le contenu est liké et partagé, plus les initiateurs vont profiter d’un effet catalyseur", décrypte, auprès de TF1info, le sociologue. 

C’est une compétition, où chaque quartier regarde ce que fait celui d’à côté et essaie de faire pire.

Pascal Lardellier

Les auteurs utilisent ces vidéos "comme une vitrine", dit-il, de manière à s'offrir "un quart d’heure de célébrité warholien", en profitant de l’écho généré par ces plateformes. "Il y a une logique assez tribale derrière. C’est une compétition, où chaque quartier regarde ce que fait celui d’à côté et essaie de faire pire. De ce fait, chaque image devient un matériau hautement inflammable. C’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron a demandé aux plateformes de les supprimer", souligne-t-il. Le plus souvent, on ne connaît ni l’origine ni le contexte, ce qui participe à l’"effet de fascination" du grand public, ajoute-t-il. 

Lire aussi

Une réunion entre le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, celui du Numérique Jean-Noël Barrot, et les plateformes numériques, s'est tenue ce vendredi à 18h30. "Les ministres ont notamment rappelé aux plateformes leur responsabilité quant à la diffusion de ces publications", indique un communiqué de la place Beauvau. Et de leur demander de "s'engager activement pour retirer instamment les messages qui leur sont signalés et identifier les utilisateurs de réseaux sociaux qui participent à la commission d'infractions, et de répondre promptement aux réquisitions des autorités administratives et judiciaires".

Matthieu DELACHARLERY

Sur lemême thème

  • #Twitter
  • #TikTok
  • #Violences, Délinquance, Criminalité
  • Police, justice et faits diversLa France secouée par une vague de violences urbaines après la mort de Nahel
  • Police, justice et faits diversNahel, 17 ans, tué par la police à Nanterre après un refus d'obtempérer
Loading...