ENQUÊTE TF1 - Violences urbaines : comment les fauteurs de trouble se procurent-ils des mortiers d'artifice ?

LCI - 30/06
[VIDÉO] - Les mortiers d’artifice sont de plus en plus souvent détournés de leur usage et utilisés comme des armes pour viser les forces de l’ordre. C'est le cas lors des nuits de violences qui se succèdent depuis la mort de Nahel. Une équipe du 20H de TF1 a mené l'enquête sur ce trafic illégal.

Les mortiers d’artifice sont de plus en plus souvent détournés de leur usage et utilisés comme des armes pour viser les forces de l’ordre.
C'est le cas lors des nuits de violences qui se succèdent depuis la mort de Nahel.
Une équipe du 20H de TF1 a mené l'enquête sur ce trafic illégal.

Après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un tir de police à Nanterre, des violences urbaines ont éclaté un peu partout en France. Un déchaînement de colère dont témoigne le flot continu d’images et de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ces dernières nuits, où forces de l’ordre et bâtiments publics ont été la cible de tirs de mortier d’artifice. 

Ce matériel utilisé en pyrotechnie se compose d’un cylindre (en carton, en plastique ou en métal) contenant des charges explosives à usage festif, autrement dit des feux d’artifices. Il en existe de différents calibres, allant de 8 à 50 mm pour les plus gros (voir photo ci-dessous). La charge explosive est faible. Mais à tir tendu, les projectiles peuvent occasionner d’importantes blessures, notamment des brûlures. Depuis quelques années, ils sont détournés de leur usage initial par les délinquants.

Image montrant un mortier d'artifice de gros calibre saisi par la police. - Document TF1

Le trafic bat son plein sur les réseaux sociaux

Leur vente est pourtant strictement encadrée. Seuls les professionnels titulaires d’une autorisation délivrée par la préfecture peuvent s’en procurer au-delà d’un calibre de 30 millimètres. Depuis l’adoption en décembre 2021 de la loi dite "Sécurité globale", ce dispositif est considéré comme une "arme par destination". Dorénavant, les revendeurs ont pour obligation de demander une pièce d’identité et doivent signaler à la police tout achat suspect, concernant les calibres inférieurs. 

Toutefois, comme le montre une enquête du 20H de TF1 diffusée en juillet 2022, on peut aisément s’en procurer sur internet, en quelques clics. Sur le réseau social Snapchat, les vendeurs opèrent exactement comme des dealers de drogue, proposant même aux clients de les livrer à domicile. Les trafiquants s’approvisionnent sur internet, via des sites spécialisés en pyrotechnie, hébergés à l’étranger, où la réglementation est plus laxiste, comme en Allemagne ou dans les pays de l’Est. 

Des sanctions lourdes pour les auteurs de tirs

Dans la vidéo en tête de cet article, une équipe de TF1 a pu assister à une vente, accompagné de Julien. Cet étudiant de 23 ans dit avoir déjà participé par le passé à des guet-apens pour s’en prendre aux forces de l’ordre. Le rendez-vous a eu lieu lundi, avant la mort de Nahel,  dans une cité en région parisienne. Sur place, un mineur torse nu en claquettes est chargé d’apporter la marchandise jusqu’à notre véhicule. Le prix ? 10 euros l’unité. Un business lucratif, mais qui n'est pas sans risque. 

L'achat et la vente de mortier d'artifice sont sanctionnés par une peine de six mois d'emprisonnement et jusqu'à 7500 euros d’amende. Et en cas d'usage contre un fonctionnaire de police ou un gendarme, les peines peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende, lorsqu'une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours est relevée.

M.D.

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