VIDÉO - Meurthe-et-Moselle : les moissons n'ont jamais été si précoces

LCI - 30/06
[VIDÉO] - Les moissons se font de plus en plus en avance. En Meurthe-et-Moselle, elles ont déjà commencé. Mais les grains récoltés ne sont pas de grande qualité car ils manquent d’humidité.

Les moissons se font de plus en plus en avance.
En Meurthe-et-Moselle, elles ont déjà commencé.
Mais les grains récoltés ne sont pas de grande qualité car ils manquent d’humidité.

Le nuage de poussière derrière la moissonneuse-batteuse est impressionnant. C’est la conséquence d’un sol très sec après un mois et demi de sécheresse. Du jamais-vu ici sur les hauteurs de la vallée de la Moselle. Mais pour Patrick Poinsot, éleveur céréalier, il est trop tard. De nouvelles pluies n’auraient rien changé, il faut récolter, même si ses orges d’hiver sont en partie grillées. "Sur le haut de l’épi, il n’y a rien du tout et le grain est un peu plus chétif. En un mois et demi, on a eu 13,5 millimètres [de pluie] depuis mi-mai", déplore-t-il face à la caméra du 13H de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article.

Dans la moissonneuse-batteuse, son fils Perick est attentif à la coupe mais aussi au moindre départ de feu. Plus il fait sec, plus le risque est grand. L’an dernier, des arrêtés ont été pris pour interdire les moissons en journée. Mais ce qui le préoccupe le plus, c’est de savoir s’il remboursera les frais engagés il y a six mois lors des semis. "On a dorloté un peu plus la culture et puis derrière, quand on arrive à la moisson, les prix chutent. C’est là où on a un peu plus de mal à joindre les deux bouts mais il n’y a pas que ça. Le matériel coûte horriblement cher, les engrais…", explique Perick.

Des grains "un peu grillés"

À la coopérative agricole lorraine où sont regroupées les récoltes, une sonde prélève des échantillons dans chaque benne pour analyser le poids ou l’humidité des grains. "12% d’humidité. C’est presque trop sec pour l’époque. Ils sont un petit peu grillés avec le mois qu’on vient de passer", affirme un salarié de la coopérative.  

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Depuis que les moissons ont commencé, les résultats sont décevants. L’orge brassicole risque d’être déclassée en fourrage, moins bien payé. "Si je regarde les cotations, ça oscille entre 209 et 211 euros la tonne. Sur les mêmes qualités en fourrage, on n'est qu’à 187 euros, donc on perd 30 euros. Ça fait 15% de la valeur du prix. Donc c’est vraiment inquiétant pour nos adhérents", explique Gilles Lassagne, directeur du pôle végétal de la coopérative. 

Les revenus de l’orge et des blés compromis, les céréaliers espèrent désormais un été pluvieux pour réaliser de meilleures récoltes de colza, maïs ou tournesol au mois de septembre. 

L.T. | Reportage TF1 : Vincent Dietsch, Christophe Hanesse

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