VIDÉO - Mort de Nahel : écoles, dépôts de bus, théâtre... Ces lieux symboliques pris pour cibles

LCI - 30/06
[VIDÉO] - Trois jours après la mort de Nahel à Nanterre, au cours d'un refus d'obtempérer, les violences se sont poursuivies dans la nuit de jeudi à vendredi. Les émeutiers se sont attaqués à des lieux censés représenter l'état : écoles, dépôts de bus, théâtre municipal... Le 20H de TF1 vous présente les images de ces dégradations.

Trois jours après la mort de Nahel à Nanterre, au cours d'un refus d'obtempérer, les violences se sont poursuivies dans la nuit de jeudi à vendredi.
Les émeutiers se sont attaqués à des lieux censés représenter l'état : écoles, dépôts de bus, théâtre municipal...
Le 20H de TF1 vous présente les images de ces dégradations.

C'était l'un des principaux employeurs de ce quartier de Roubaix (Nord) : un centre de traitement de chèques. Ce vendredi 30 juin au matin, il est réduit en cendres après avoir été pris pour cible par les émeutiers au cours d'une troisième nuit de violences consécutives à la mort, mardi, de Nahel, 17 ans, lors d'un refus d'obtempérer. "C'est la merde, ils ont mis 600 personnes au chômage", déplore un homme, stupéfait devant ce qu'il reste de l'édifice.

Au lieu de prendre leur poste ce matin, les employés sauvent ce qui n'a pas été brûlé. "Ça pénalise tout le monde, y compris les habitants du quartier. Donc c'est ridicule, c'est grotesque", dénonce Fabrice, un intérimaire, pointant "des violences qui n'ont aucun sens". Une femme, elle, craint en pleurs qu'ils "recommencent ce soir". "Ils vont encore détruire quoi ?", s'interroge-t-elle. "Ça fait mal au cœur. Tous ces gens qui travaillaient..."

À deux rues de là, la devanture du théâtre municipal a également été saccagée. Tonino Macquet, conseiller municipal (PS) de Roubaix, se dit écœuré. "La première chose évidente, c'est l'envie de pleurer. J'ai mal à ma ville aujourd'hui. Parce que je me bats pour cette ville, comme d'autres élus."

Partout en France, les services publics sont devenus des cibles. À Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), des émeutiers ont pris d'assaut le service des impôts. En pleine nuit, d'autres ont forcé l'entrée d'une école primaire à Villeurbanne (Rhône). La directrice d'une école voisine tente de s'interposer. Sur les images du reportage visible en tête de cet article, on la voit accourir vers l'établissement et crier aux émeutiers : "Pas d'école, s'il vous plait. Ne touchez pas à l'école !"

Des vitres sont brisées, les portes forcées. C'est le cas aussi à Villefontaine (Isère), où les pompiers ont passé la nuit à éteindre les feux de poubelles et de voitures le long du tram. 

"Les bus, c'est nous qui les prenons chaque matin"

En Île-de-France, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), un dépôt de bus a été pris pour cible. Bilan : 12 véhicules incendiés. À Paris, tout un quartier du nord de la ville a été visé par des feux de mortier d'artifice. La piscine olympique, en construction juste à côté, était censée servir de lieu d'entrainement aux athlètes des prochains Jeux olympiques. 

Ce vendredi matin, les riverains sont choqués. "Au début, je pensais que c'étaient les arrêts de bus. Puis j'ai vu que c'étaient les bus. Je suis sans voix. Franchement, ça fait plus de 20 ans que j'habite dans ce quartier, c'est la première fois que je vois ça. Qu'on s'attaque à ce genre de symboles... Les bus, c'est nous qui les prenons chaque matin", commente une passante. 

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Une autre femme, elle, dit "comprendre très bien la colère qui a lieu suite au décès du jeune". Néanmoins, elle estime que ça "n'explique pas cette violence. C'est un saccage des biens publics, donc ça impacte tous les gens qui vont travailler dans des milieux qui sont vraiment défavorisés. C'est vraiment pas juste."

Enfin à Nanterre (Hauts-de-Seine), épicentre des violences, le centre des impôts était l'une des cibles des casseurs. L'un encore, un symbole de l'administration, et donc de l'État.

Maxime MAGNIER

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