Nanni Moretti dévoile ses états d'âme

Jean-Luc Wachthausen - LePoint - 30/06
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« Il y avait des communistes en Italie ? Les communistes ne vivaient pas qu'en Russie ? » lance, dubitatif, un jeune assistant à Nanni Moretti, alias Giovanni, qui n'en croit pas ses oreilles. Qui connaît le PCI, aujourd'hui ? Si l'Italie de 2023 n'a plus de mémoire, lui, ce vieux routier du cinéma, n'arrive pas à finir son film. Vers un avenir radieux évoque, dans les années 1950, le bon temps du Parti communiste italien à travers la vie d'un couple de militants et la visite d'un cirque hongrois en ville. Ça tombe mal : à Budapest, le 4 novembre 1956, les chars soviétiques ont maté la rébellion populaire. Du coup, comme ses camarades, Giovanni a le blues : sa femme productrice le quitte (la fidèle Margherita Buy) pour produire le thriller sanglant d'un pseudo-Tarantino, Cinecittà a disparu, remplacé par les plateformes de streaming, son producteur (Mathieu Amalric) le plaque, et sa fille vit avec un sexagénaire polonais. Qui sont ces gens robotisés qui ne parlent que de chiffres et jurent « what the fuck » ? Tout fout le camp : à Rome, la trottinette a remplacé la Vespa. Adieu la dolce vita ! Comme dans Journal intime, Giovanni (son vrai prénom) Moretti dévoile ses états d'âme, ses regrets, ses réflexions, dans un monde qui ne tourne plus rond. Par chance, il le fait avec humour en se...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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