La tension ne redescend pas. De nouvelles violences urbaines ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi dans plusieurs villes de France, près de 72 heures après la mort de Nahel, jeune homme de 17 ans tué par un policier mardi matin, à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Pour la troisième nuit consécutive, de nombreux affrontements et dégradations ont eu lieu, malgré un dispositif de sécurité renforcé. Jeudi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé le déploiement de 40.000 policiers et gendarmes sur tout le territoire pour tenter de ramener le calme. Ils ont permis d'interpeller au moins 667 personnes au niveau national, indique le ministre dans un tweet, dont "l'essentiel" est âgé de 14 à 18 ans, avait assuré son entourage un peu plus tôt.
Cette nuit, nos policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont encore fait face, avec courage, à une rare violence. Conformément à mes instructions de fermeté, ils ont procédé à 667 interpellations. — Gérald DARMANIN (@GDarmanin) June 30, 2023
Malgré ce déploiement massif, quatre fois plus important que la nuit précédente, des dégradations de bâtiments publics, des pillages et des échauffourées sporadiques ont secoué de nombreuses villes d'Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, "quasiment toutes les communes" ont été impactées, a constaté une source policière à l'AFP. De nombreux supermarchés ont été pillés, notamment à Montreuil et Épinay-sur-Seine. À Drancy, un camion a été utilisé pour forcer l'entrée d'un centre commercial qui a été en partie pillé et incendié.
À Pantin, une vingtaine de jeunes habillés en noir étaient munis de mortiers d'artifice, selon l'AFP. Et un début d'incendie s'est déclaré à la mairie de Clichy-sous-Bois. En outre, 13 bus du dépôt de la RATP d'Aubervilliers ont été incendiés. "La protection des bâtiments publics a été la priorité", a admis cette source. Dans les Hauts-de-Seine, des dégradations ont notamment eu lieu à Nanterre, ont constaté les reporters de LCI ce vendredi (voir vidéo ci-dessous), avec des abribus détruits et des véhicules incendiés. La ville de Clamart, elle, avait annoncé l'instauration d'un couvre-feu nocturne.
À Paris, au moins deux boutiques du centre-ville, dont l'une aux Halles, ont été vandalisées. Rue de Rivoli, une artère du centre de la capitale, 16 personnes ont été interpellées avec des sacs, des chaussures et des vêtements dérobés dans un magasin. En Seine-et-Marne, peu après 2h, les forces de l'ordre étaient "très sollicitées" et ont pu "contenir les tentatives d'intrusion aux commissariats de Meaux, Villeparisis, grâce aux renforts", a assuré une source sur le terrain. Le centre social de Nemours a été détruit ainsi qu'une partie d'une école à Moissy-Cramayel. À Paris et en petite couronne, au moins 242 personnes ont été interpellées.
Des violences ont également éclaté dans d'autres villes. À Orléans (Loiret), la mairie du quartier prioritaire de l'Argon a été prise pour cible. Dans le centre-ville de Marseille (Bouches-de-Rhône), c'est la devanture de la bibliothèque municipale de l'Alcazar qui a été endommagée, selon la mairie. À Roubaix (Nord), un hôtel près de la gare, dans le quartier défavorisé de l'Alma, a pris feu après minuit. À Lille (Nord), la mairie du quartier populaire de Wazemmes a aussi été la proie de flammes qui ont endommagé le rez-de-chaussée et noirci la façade.
Après ces nouvelles violences, le président de la République Emmanuel Macron va présider une nouvelle cellule interministérielle de crise à la mi-journée ce vendredi, annonce l'Élysée.
Sur lemême thème