Le bilan s'alourdit encore à Kramatorsk. Deux nouveaux corps ont été découverts dans les décombres du restaurant de Kramatorsk (est de l'Ukraine), détruit mardi par un bombardement russe, portant à douze le nombre de victimes civiles. Une soixantaine de personnes ont également été blessées.
Le président russe qualifié de "paria". Après cette attaque meurtrière, le président américain Joe Biden a estimé que son homologue russe, Vladimir Poutine, était devenu "un paria à travers la planète". "Il perd clairement la guerre", pointe le pensionnaire de la Maison-Blanche. Le chef du Kremlin sort "affaibli" de la rébellion avortée du groupe Wagner, abonde Olaf Scholz, le chancelier allemand, qui estime que ce coup de force manqué "aura des conséquences à long terme pour la Russie". En parallèle, Volodymyr Zelensky a évoqué une "attaque terroriste". Les personnes à son origine "sont des gens sans humanité", juge encore le président ukrainien, qui a annoncé l'arrestation d'un individu qui aurait "coordonné" cette action.
Les lois de la guerre non respectées. Toujours à la suite de la destruction de ce restaurant, le président colombien a, lui aussi, haussé le ton. "La Russie a attaqué trois civils colombiens sans défense. Ce faisant, elle a violé les protocoles de la guerre", dénonce Gustavo Petro, qui a ordonné à son gouvernement d'adresser une "note diplomatique de protestation" à Moscou. Le ministère des Affaires étrangères colombien a aussi "condamné énergiquement cette attaque inacceptable sur une cible civile". Le célèbre écrivain colombien Hector Abad, auteur du roman "L'oubli que nous serons", est notamment décédé sur place.
Seulement des cibles civiles. De son côté, la présidence russe ne se démonte pas. "La Russie ne frappe pas des infrastructures civiles, elle frappe des installations qui sont liées d'une manière ou d'une autre à des infrastructures militaires", martèle le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
Le danger de Wagner en Biélorussie. Après leur coup de force avorté, Evguéni Prigojine et ses hommes ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière, en Biélorussie. Une présence vue d'un mauvais œil par certains pays d'Europe orientale. "Difficile pour nous d'exclure que la présence du groupe Wagner en Biélorussie puisse constituer une menace potentielle pour la Pologne qui partage une frontière avec la Biélorussie, une menace pour la Lituanie, qui a aussi la frontière la plus longue avec la Biélorussie parmi nos pays, ainsi que, potentiellement, pour la Lettonie, elle aussi voisine de la Biélorussie", prévient le président polonais Andrzej Duda.
Vers de nouvelles sanctions. D'ailleurs, les pays de l'Otan ne comptent pas laisser le sulfureux groupe paramilitaire s'en sortir à si bon compte. La France a ainsi appelé mercredi les pays associés à Wagner à s'en dissocier et s'est dit prêt à imposer des sanctions supplémentaires. "Nous continuerons à imposer des sanctions européennes rigoureuses pour ses actions en Ukraine comme en Afrique", souligne Olivier Becht, ministre délégué au ministère des Affaires étrangères.
La Suisse n'enverra pas de chars. Enfin, le soutien matériel des Occidentaux à Kiev se précise. Et, comme depuis le début de l'invasion, la Suisse a mis son veto à un potentiel transfert d'armes d'armes à l'Ukraine, cette fois concernant de vieux chars Leopard 1 qui appartiennent à Ruag, le groupe de défense public. Le Conseil fédéral est parvenu à la conclusion que la vente des 96 chars "n'est pas possible sur la base du droit en vigueur", indique le gouvernement fédéral dans un communiqué. "Une telle vente serait notamment en contradiction avec la loi sur le matériel de guerre (qui, interprétée au sens strict, interdit l'exportation ou la réexportation de matériel de guerre à un pays en conflit, ndlr) et entraînerait un changement de la politique de neutralité de la Suisse", ajoute le texte.
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