Bien évidemment, au XIVe siècle, la notion même de perspective n'existait ni en conscience ni en peinture, pas de relief, pas de profondeur. C'est pourquoi le cas du peintre Jan van Eyck passionne. Ce dernier ignorait tout des points de fuite, pourtant les scientifiques ont décrypté une fascinante méthode que le peintre a utilisé notamment dans ce célèbre portrait des époux Arnolfini. Une diabolique machine à perspective qui rivalise avec les techniques actuelles de réalité augmentée !
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[EN VIDÉO] Cosmodernism : l'alliance hallucinante de l'art et de la science. Cet artiste combine la microscopie, le son et la couleur pour créer des images incroyables...
Jan van Eyck (c. 1390-1441) aura mis à rude épreuve les historiens de l’art soucieux de trouver une cohérence géométrique à sa manière de représenter l’espace. L’affaire semblait pourtant entendue dès 1905 : cette année-là, Karl Doehlemann démontrait dans un journal de mathématiques que les lignes fuyantes des Époux Arnolfini ne convergent pas vers un point de fuite unique, comme cela devrait être le cas dans une perspective linéaire, mais vers une zone circulaire de points de fuite.
Jan était un expérimentateur dont les « essais-erreurs » ont conduit de la perspective parallèle médiévale à une sorte de perspective empirique, décisivement différente de la solution mathématiquement correcte de Petrus Christus. L’interprétation de Doehlemann est aujourd’hui encore communément acceptée, mais une sorte de doute bergsonien a conduit en leur temps une poignée d’historiens de l’art à chercher un ordre caché derrière le désordre apparent des points de fuite des Époux....
[Courte citation de 8% de l'article original]