Le passé monarchique de la France n'en finit pas de fasciner les Français, comme en témoignent l'intense production historiographique sur la période ou encore la sortie du dernier film réalisé par Maïwenn: Jeanne du Barry, présenté en ouverture de la dernière édition du Festival de Cannes.
À travers le récit des derniers jours de l'existence de quatre actrices de la Révolution au destin tragique –Marie-Antoinette, Mme Roland, Olympe de Gouges et Mme du Barry–, Cécile Berly ambitionne d'approcher au plus près «une humanité mise à nu», celle de ces femmes jugées par un tribunal d'exception lors des heures les plus sombres de la Terreur.
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Elle inscrit ainsi son étude dans une histoire du genre, plus particulièrement une histoire des femmes, celles qui ont été poursuivies et condamnées pour avoir été «physiquement présentes dans l'espace public» et pour être «sorties de l'espace privé du foyer».
Elle ambitionne surtout de retracer, par une étude de sources variées telles que des correspondances, des libelles, des écrits politiques ou des témoignages directs de l'époque, le récit des derniers jours d'existence de ces femmes, cherchant à entrer dans l'intimité de leur conscience, tout en posant la question des limites que représente cet exercice: «Comment sonder de telles émotions qui toutes appartiennent au registre de l'indicible?»