Immeuble effondré à Paris : un drame qui ravive le souvenir de l'explosion rue de Trévise

LCI - 22/06
[VIDÉO] - Une explosion a retenti ce mercredi 21 juin dans le Ve arrondissement de Paris, suivie d'un incendie qui a entraîné l'effondrement d'un immeuble. Plusieurs témoins et riverains, interrogés par l'AFP, ont dit avoir senti une odeur de gaz et entendu une "grosse explosion". Cette scène rappelle une précédente catastrophe : celle survenue en 2019, rue de Trévise qui avait fait quatre morts et de très nombreux blessés.

Une explosion a retenti ce mercredi 21 juin dans le Ve arrondissement de Paris, suivie d'un incendie qui a entraîné l'effondrement d'un immeuble.
Plusieurs témoins et riverains, interrogés par l'AFP, ont dit avoir senti une odeur de gaz et entendu une "grosse explosion".
Cette scène rappelle une précédente catastrophe : celle survenue en 2019, rue de Trévise qui avait fait quatre morts et de très nombreux blessés.

Une scène de chaos, en plein cœur de Paris. Au moins quatre personnes ont été gravement blessées mercredi 21 juin après-midi en plein Paris, où un incendie s'est déclaré après une explosion dans le Ve arrondissement, selon un bilan provisoire. Un immeuble voisin de l'ancien hôpital militaire du Val-de-Grâce s'est effondré. Ce jeudi, un bilan du parquet fait état d'une cinquantaine de blessés, dont 6 en urgence absolue et une personne est toujours recherchée sous les décombres. 

Pour l'heure, les raisons de l'incident restent encore inconnues des autorités, et la piste d'une explosion au gaz a été évoquée, mais pas confirmée. Par sa brutalité, le drame rappelle toutefois un précédent traumatisant pour la capitale, celui d'une explosion mortelle due à une fuite de gaz dans la rue de Trévise, en 2019. 

Au matin du 12 janvier 2019, une très forte détonation provoquée par une fuite de gaz avait soufflé cette rue du IXe arrondissement de Paris. Le bilan est lourd : quatre personnes, dont deux pompiers, sont tuées, 66 autres sont blessées et quelque 400 riverains sinistrés. L'explosion avait fait trembler les immeubles dans plusieurs rues voisines, soufflé des dizaines de vitres et retourné des voitures, et laissé les habitants sous le choc. Ce dossier doit justement connaître une nouvelle étape judiciaire le 30 juin avec la remise très attendue aux magistrats instructeurs d'une contre-expertise sur les origines du sinistre.

Quatre morts, dont deux pompiers

Les sapeurs-pompiers de Paris avaient été appelés tôt le matin par une habitante du n°6 de la rue de Trévise pour une "forte odeur de gaz". Quelques minutes après leur intervention, une violente explosion avait résonné, laissant un paysage de désolation dans un rayon d'une centaine de mètres, avec de nombreux débris projetés au sol. "L'onde de choc particulièrement violente s'est propagée dans les quatre rues adjacentes", avait alors commenté le commandant des pompiers, Éric Moulin. 

"On a senti le gaz", "j'étais dans l'escalier de service et tout m'est tombé dessus", avait notamment raconté une sinistrée à LCI, au moment du drame. "On était tous en train de dormir et là, on entend un bruit, on a cru que c'était un séisme", avait aussi expliqué une passante, présente dans une artère attenante au moment du drame. Près de 200 pompiers avaient été dépêchés dans les opérations de secours, ainsi qu'une centaine de policiers.

Dans un premier rapport, remis en décembre 2019, quatre experts mandatés pour déterminer les causes du sinistre concluaient qu'un affaissement du sol, sous le trottoir, devant le porche de l'immeuble situé 6 rue de Trévise, a provoqué la rupture d'une canalisation de gaz, entraînant une accumulation de gaz naturel à l'origine de l'explosion. Ils relevaient aussi des "manquements" du service de voirie de la Ville de Paris, notamment dans la réfection du trottoir, sans incriminer le distributeur de gaz GRDF.

Bataille judiciaire et financière

Dans leur rapport définitif rendu en mai 2020, ils pointaient de nouveau un "défaut de vigilance" de la ville et mettaient en cause le syndic de copropriété de l'immeuble, qui aurait tardé à réparer la fuite d'un collecteur d'eaux usées. Cette fuite aurait eu une incidence sur l'affaissement du sol. Peu après, la mairie de Paris et le syndic de copropriété ont été mis en examen pour homicides et blessures involontaires et destruction, dégradation ou détérioration par l'effet d'une explosion ou d'un incendie.

La mairie a finalement obtenu de la justice en mars 2022 qu'une contre-expertise soit lancée pour déterminer les causes de cet accident. Le syndic de copropriété de l'immeuble s'était aussi réjoui de cette décision. La chambre de l'instruction de la cour d'appel avait décidé de recourir à un collège d'experts plus spécialisés, qui doivent remettre leur rapport le 30 juin prochain.

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