Orages : pourquoi il est difficile de mieux les anticiper

LCI - 19/06
[VIDÉO] - De violents orages se sont abattus dans l’ouest et le centre de la France ce week-end. Parfois très violents, ces phénomènes météo sont extrêmement difficiles à prévoir. Explications.

De violents orages se sont abattus dans l’ouest et le centre de la France ce week-end.
Parfois très violents, ces phénomènes météo sont extrêmement difficiles à prévoir.
Explications.

Ils se déclarent soudainement et de manière très localisée, ce qui les rend extrêmement difficiles à prévoir. Par nature, les orages se forment lorsque l’atmosphère est instable, avec de l’air chaud et humide près du sol et froid en altitude. Mais leur formation est également influencée par la nature du sol, le type de végétation ou encore de la configuration du relief, ce qui renforce son caractère imprévisible. "Si les conditions favorables à la formation des orages peuvent être anticipées, il est très difficile de prévoir de manière localisée la survenue d’un orage, y compris le jour-même", explique Météo-France.

Vers une nouvelle ère de prévisions

L'agence météorologique française utilise des modèles numériques de prévision du temps très sophistiqués. Grâce à eux, les météorologues arrivent de mieux en mieux à prévoir l'arrivée d'un orage. Mais ceux-ci ne permettent pas de trancher, ce qui conduit parfois à déclencher des alertes pour rien. "Ils permettent d'identifier les zones géographiques qui réunissent les conditions favorables au développement des cumulonimbus (nuages associés aux orages) et donc le déclenchement des orages, mais pas de déterminer leur localisation avec une grande précision, ni leur intensité", souligne Météo-France, sur son site internet. 

Des modèles plus récents, à plus haute résolution, permettent cependant de mieux anticiper ces phénomènes météo. Avec un maillage de 1,3 kilomètre, AROME (le modèle maison de Météo-France qui tourne sur un supercalculateur à Toulouse) prend mieux en compte "les effets du relief et de la nature des sols", auxquels il associe "diverses observations disponibles, notamment celles issues des radars de précipitations". De cette manière, il peut identifier une zone concernée avec une précision "de l'ordre de quelques dizaines de kilomètres", selon Météo-France. 

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Avec les satellites Meteosat de troisième génération (MTG), Météo-France va renforcer ses capacités de prévision, notamment concernant les phénomènes extrêmes, amenés à se multiplier avec le changement climatique. Pour l'instant, seul un des six satellites prévus est opérationnel, les autres seront déployés progressivement jusqu'en 2035. Stabilisé sur trois axes, et non plus tournant (ce qui occasionnait des temps où la Terre n'était pas visible) comme son prédécesseur lancé en 2002, le MTG fournira des données toutes les 10 minutes, contre 15 précédemment, avec une meilleure résolution. 

L'engin d'observation sera accompagné d'un capteur d'éclairs et, dans quelques mois, d'un autre satellite inédit, avec un sondeur capable de retranscrire la composition de l'atmosphère (température, humidité, etc.). Le but : analyser les phénomènes convectifs, ces mouvements de l'atmosphère à l'origine des orages et des tempêtes. Il fournit aussi davantage d’informations sur les températures de surface de la mer, ce qui permettra de mieux voir des phénomènes comme les remontées d'eau froide ou chaude, l'un des facteurs aggravants des orages.

M.D.

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