Les ogres : le pari de la bonne chère

LCI - 18/06
[VIDÉO] - DOCUMENT – Ils sont à contre-courant des appels à la sobriété, sur les appels à la consommation de viande. En dépit d’une addition moyenne élevée, 18 gueuletons ont ouvert en moins de dix ans. L'ambiance rabelaisienne du concept séduit partout en France.

DOCUMENT – Ils sont à contre-courant des appels à la sobriété, sur les appels à la consommation de viande. En dépit d’une addition moyenne élevée, 18 gueuletons ont ouvert en moins de dix ans. L'ambiance rabelaisienne du concept séduit partout en France.

Avec ses deux fils, Samuel vient dîner chez Gueuleton. Une enseigne spécialisée dans la viande grillée à la flamme. Des viandes y sont exposées comme des diamants en vitrine. Le kilo de côte de bœuf normande maturée trois semaines coûte 88 euros. Selon son épaisseur, la côte de bœuf doit cuire environ 25 minutes. En un coup d'œil, le grilladin sait quand elle est prête. Samuel pourrait même dévorer l’os, il n’a aucun scrupule à savourer de la viande, malgré les discours de ceux qui voudraient que l'on en mange moins, ou plus du tout. L'addition pour cinq, avec apéritif, entrée et plat de résistance, est de 300 euros, 140, juste pour la côte de bœuf. Le ticket moyen dans le restaurant est de 60 euros par personne dans le restaurant, avec parfois le dijo offert par le patron.

Aujourd'hui, il y a 18 restaurants comme celui-ci en France. Une enseigne créée il y a neuf ans par Arthur Edange, natif du Gers, et Vincent Bernard-Comparat du Lot-et-Garonne, deux trentenaires, dignes descendants de Gargantua. Ils se rencontrent quand ils sont étudiants à Bordeaux, vivent en colocation pendant sept ans, deux épicuriens qui veulent transformer leur passion en métier. Ils commencent par organiser des soirées à thème dans des restaurants, puis ils ouvrent leur propre bar à vin à Agen. Pour se faire connaître, ils tournent des vidéos qu’ils publient sur les réseaux sociaux. Des escapades gourmandes et potaches, à travers la France, à la rencontre de paysans, d’éleveurs, de pêcheurs. Elles se terminent toujours par une légère collation.

Arthur et Vincent n’ont pas de bureau. Ils gèrent leurs affaires en voiture, mais ce n’est plus une deux chevaux. Le “french art de vivre”, qu’ils exploitent, a fait d’eux des hommes d’affaires. Leur groupe fait travailler 300 salariés, de grands patrons qui cultivent une image de paysans. Le succès est tel qu’Arthur et Vincent reçoivent une demande d’affiliation par jour, mais ils ne veulent ouvrir chaque année que trois ou quatre nouvelles adresses. La prochaine se trouve en Touraine, dans un lieu atypique, creusé dans la falaise. C’est une ancienne carrière dont les blocs de pierres ont servi pour construire des châteaux de la Loire. En plus des restaurants, Arthur et Vincent ont lancé il y a cinq ans une nouvelle activité florissante, celle de traiteurs.

La rédaction de TF1info

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