Ligne Lyon-Turin : des tensions entre manifestants et forces de l'ordre en marge du cortège

LCI - 17/06
[VIDÉO] - Des centaines de manifestants écologistes se sont réunis ce samedi dans la vallée de la Maurienne, en Savoie, malgré des arrêtés d'interdiction. Ils s'opposent à la ligne ferroviaire grande vitesse Lyon-Turin. Alors que le cortège s'est lancé en milieu de journée, des tensions ont débuté avec les forces de l'ordre.

Des centaines de manifestants écologistes se sont réunis ce samedi dans la vallée de la Maurienne, en Savoie, malgré des arrêtés d'interdiction.
Ils s'opposent à la ligne ferroviaire grande vitesse Lyon-Turin.
Alors que le cortège s'est lancé en milieu de journée, des tensions ont débuté avec les forces de l'ordre.

Un samedi tendu dans les Alpes. Le cortège de manifestants écologistes s'est ébranlé en début de journée, ce samedi 17 juin, dans la vallée de la Maurienne, en Savoie, pour marquer leur opposition au projet ferroviaire grande vitesse entre Lyon et Turin. Tandis que la préfecture estime la mobilisation à plus de 3000 personnes, le collectif Soulèvements de la Terre, qui appelait à manifester avec plusieurs autres organisations françaises et italiennes, revendique plus de 4000 personnes sur place.

La crainte d'actions coups de poing

Les forces de l'ordre, qui attendaient jusqu'à 5000 militants dont quelque "400 éléments radicaux", redoutaient des actions coups de poing de petits groupes réfractaires, selon une source policière. C'est pourquoi la préfecture avait pris en amont des arrêtés d'interdiction de manifester dans neuf communes pour des raisons de sécurité. Le cortège s'est malgré tout élancé, partant d'un camp de base hors de la zone d'interdiction tracée par les autorités. Si la manifestation se déroulait jusque-là dans le calme, de premiers affrontements ont été observés en milieu d'après-midi.

Le cortège, qui avait d'abord pour objectif de rejoindre Saint-Jean-de-Maurienne, commune concernée par l'arrêté préfectoral interdisant toute manifestation, a été bloqué par un barrage policier près de La Chapelle. "L'immense cortège est bloqué par la gendarmerie depuis plus de 40 minutes", a rapporté les Soulèvements de la Terre, menacés de dissolution par le ministère de l'Intérieur. Des jets de projectiles et de gaz lacrymogène ont notamment été échangés. La ligne ferroviaire à proximité a été mise à l'arrêt.

Plus de 2000 forces de l'ordre ont été mobilisés pour encadrer l'événement. Face eux, certains manifestant sont cagoulés de noirs, d'autres avec des casques, des raquettes ou des parapluies - utiles contre les drones, les fumigènes ou les assauts des forces de l'ordre. Des élus ont aussi fait le déplacement pour des prises de parole, dont le maire EELV de Grenoble Eric Piolle et plusieurs députés, parmi lesquels la présidente des députés Insoumis Mathilde Panot. Suite aux premiers heurts, les manifestants les plus calmes se sont reportés en bout de cortège.

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Le chantier de cette nouvelle ligne à grande vitesse, qui doit à terme relier Lyon et Turin, se retrouve depuis plusieurs décennies au cœur d'une longue bataille entre ses promoteurs, qui y voient un levier de développement régional, et ses détracteurs, qui s'inquiètent d'une lourde empreinte environnementale. Selon eux, ce chantier "ferroviaire titanesque, impliquant le forage de 260 km de galeries à travers les massifs alpins" aurait déjà provoqué le tarissement de plusieurs sources et captages dans la vallée.

Aurélie LOEK

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