« Nous nous privons de tout, pour ne pas avoir à priver nos enfants »

LOrientLeJour - 15/06
L’effondrement économique a changé les habitudes de nombreuses familles, leurs attentes aussi. Désormais, elles n’ont d’autres soucis que d’assurer leurs besoins élémentaires. Assis derrière son...

Assis derrière son poste de surveillance à l’entrée de l’immeuble d’une entreprise, Nabil* pianote sur son téléphone mobile. Son visage serein, ses yeux souriants et son calme ne laissent aucunement deviner la détresse dans laquelle il se trouve. Père de quatre enfants, âgés entre 4 et 15 ans, il enchaîne deux emplois pour pouvoir joindre les deux bouts. Mais avec la crise économique et financière qui sévit depuis plus d’un an dans le pays, il a du mal à maintenir le niveau de vie, aussi modeste soit-il, de sa famille. « Nous nous privons de tout, mon épouse et moi, pour ne pas avoir à priver les enfants », confie-t-il.

Il se tait, saisit son paquet de cigarettes et en retire une. Il l’allume, en tire une bouffée et la pose sur le cendrier. « Nous avons aussi modifié la qualité de nos aliments, reprend Nabil. Nous consommons ainsi rarement de la viande et du poulet. Occasionnellement, nous mangeons du thon. Le prix de la boîte a beaucoup renchéri. D’ailleurs, dans les épiceries, ils ne vous permettent pas d’en prendre plus que trois. Je n’achète plus du fromage, parce qu’il est devenu hors de prix, ni de tablettes de chocolat ou de chocolat à tartiner aux enfants. Comme je ne suis plus en mesure de leur procurer des produits de bonne qualité, je me méfie du chocolat bon marché, puisqu’on n’est jamais sûr de la qualité de la matière de base. De ...
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