VIDÉO - Trois meurtres pour une vengeance : l'enquête de "Sept à Huit" sur le "tueur de DRH"

LCI - 16/04
[VIDÉO] - Gabriel Fortin, surnommé "le tueur de DRH", est mis en examen pour avoir tué trois personnes dans la Drôme, l'Ardèche et le Haut-Rhin, et avoir tenté d'en tuer une quatrième en janvier 2021. Son procès s'ouvre ce mardi devant les assises de la Drôme, à Valence, pour trois semaines. Nous vous proposons de revoir l'enquête de "Sept à Huit" diffusée en avril dernier sur cette affaire.

Gabriel Fortin, surnommé "le tueur de DRH", est mis en examen pour avoir tué trois personnes dans la Drôme, l'Ardèche et le Haut-Rhin, et avoir tenté d'en tuer une quatrième en janvier 2021.
Son procès s'ouvre ce mardi devant les assises de la Drôme, à Valence, pour trois semaines.
Nous vous proposons de revoir l'enquête de "Sept à Huit" diffusée en avril dernier sur cette affaire.

C'est l'histoire d'un chômeur solitaire devenu bourreau de DRH. Soit celle de Gabriel Fortin, un homme de 46 ans, arrêté le 28 janvier 2021 après avoir froidement abattu à Valence (Drôme) la conseillère d'une agence de Pôle Emploi, dont il avait été radié en 2013, et la directrice des ressources humaines d'une entreprise de l'Ardèche, où il avait travaillé entre 2008 et 2010. Isolé du monde, il voulait se venger après ses licenciements. 

Les enquêteurs avaient rapidement établi un lien avec le meurtre d'une autre DRH, abattue deux jours plus tôt sur le parking de son entreprise à Wolfgantzen (Haut-Rhin) et avec l'agression d'un responsable des ressources humaines, à son domicile à Wattwiller (Haut-Rhin). Les investigations ont établi que les deux avaient procédé au licenciement du suspect d'une entreprise d'Eure-et-Loir en 2008. Une équipée sanglante qui suit le fil de ses échecs professionnels.

"Rien qui puisse nous laisser penser qu'un jour, il pourrait déraper"

Son parcours de vie, comme sa personnalité, demeurent flous. Tout juste sait-on que l'homme, originaire de Nancy où il résidait, vivait comme un reclus depuis plusieurs années, n'avait aucune vie sociale, ses seuls contacts étaient sa mère et son demi-frère. Jean-Luc, un ami de 25 ans, le voit s'isoler dès 2012 et témoigne dans la vidéo de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article : "Il se renfermait sur lui", dit-il. "Je pense qu'il commençait à ruminer", relatant aussi une humiliation mal vécue chez Pôle Emploi, lui conseillant d'aller "bosser chez MacDo". 

Dans le huis clos de son appartement, l'homme semble perdre pied, envoyant des courriers pendant des années à la justice, la police, des ministres, accusant ses anciens avocats d'avoir sabordé sa procédure aux prud'hommes. En dehors de son domicile, il n'a plus qu'un passe-temps : se rendre dans un club de tir toutes les semaines. Thierry, un habitué du lieu, l'y a côtoyé pendant plusieurs années : "Cela lui permettait d'avoir une vie sociale", assure-t-il à "Sept à Huit". "C'est comme ça que je le vois : quelqu'un qui était en manque de contacts humains. Sur un pas de tir, il n'était pas dangereux. Il respectait les consignes de sécurité. Il n'y avait strictement rien qui puisse nous laisser penser qu'un jour, il pourrait déraper."

Une préméditation "avérée"

C'est pourtant le 28 janvier 2021 que la détermination de Gabriel Fortin explose au grand jour, avec deux meurtres de sang-froid perpétrés aux confins de la Drôme et de l'Ardèche. Patricia P., 54 ans, conseillère de Pôle emploi à Valence, est d'abord abattue d'une balle de 9 mm dans le thorax alors qu'elle se trouvait dans son bureau. Fortin a commis ce meurtre "sans marquer de signe d'agressivité ou d'énervement" selon le parquet de Valence. 

Fortin se rend ensuite à une dizaine de km de là, à Guilherand-Granges (Ardèche), pour tuer Géraldine C., 51 ans, directrice des ressources humaines de Faun, entreprise spécialisée dans la fabrication de véhicules de collecte de déchets. Il demande à lui parler, se rend dans son bureau situé au 1er étage, et l'abat de plusieurs balles. Pour le procureur de Valence Alex Perrin, la préméditation des deux faits est "avérée". 

Si les enquêteurs n'ont pas encore établi qu'il connaissait la fonctionnaire de Pôle Emploi, il a fréquenté l'agence jusqu'en 2013. Et il est désormais clair qu'il avait eu affaire à la DRH de Faun par le passé. Embauché comme ingénieur par cette société en 2008, il en avait été remercié en 2010. Selon Philippe Fayat, délégué syndical CFDT, "c'est (Géraldine C.) qui l'avait licencié".

Des meurtres liés, des actes de vengeance

Après l'arrestation du suspect, un lien est vite apparu avec un autre meurtre et une agression armée perpétrés deux jours plus tôt dans le Haut-Rhin. Le 26 janvier, Estelle L., encore une DRH, a été tuée par balle sur le parking de son entreprise à Wolfgantzen (Haut-Rhin). Homicide suivi de l'agression à main armée de Bertrand M., un homme travaillant aussi dans les ressources humaines, à son domicile de Wattwiller dans le même département.

Selon la procureure de Mulhouse Edwige Roux-Morizo, cet homme est "un DRH qui avait travaillé au cours de l'année 2008 chez Francel", une entreprise d'Eure-et-Loir spécialisée dans les produits et solutions pour le gaz naturel, dont For...
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