Idées. « La psychanalyse n’a rien à craindre des neurosciences »

Humanite - 11/06
Avec « la Réalité. Essai de psychanalyse » et « Écrits profanes. Poésie politique psychanalyse », Pierre Bruno, spécialiste de la critique marxiste chez Lacan, montre toute la vitalité d’une pratique en mouvement, qui n’a pas fini de travailler nos existences.

Alors qu’elle apparaît comme souvent remise en cause dans l’espace public, qu’elle se voit parfois caricaturée et même vilipendée, la psychanalyse continue de nourrir notre compréhension du monde et des autres, notamment à travers l’œuvre de Pierre Bruno, tout à la fois analyste, poète et auteur de théâtre. Par sa profonde lecture de Freud et de Lacan, par la rigueur subtile de son écriture et l’intensité de ses compagnonnages, notamment celui au long cours d’Antonin Artaud (1), le psychanalyste, membre de l’association Le Pari de Lacan, réaffirme « la force insurrectionnelle de la psychanalyse ».

Peut-on parler encore de la psychanalyse ?

Je répondrais oui, s’il s’agit de faire valoir la présence du signifiant « psychanalyse », dont on pourrait montrer combien il a été l’objet de tentatives, avortées, pour l’effacer. Non, en revanche, s’il s’agit de soutenir qu’il existe un ensemble des psychanalystes. Les psychanalystes, qu’ils s’autodésignent tels ou qu’ils soient garantis par une association, forment un inventaire à la Prévert. Autant de psychanalystes, autant d’auberges. À charge pour chacun et chacune d’apprendre à choisir. Dans un livre collectif intitulé « Manifeste pour la psychanalyse », j’ai avancé que l’expérience psychanalytique est « aux innombrables thérapies ce que le voyage dans le temps est à l’achat d’une montre ». Je confirme. La psychanalyse est sé...
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