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Un monde meilleur, en voilà une fiction!
Catherine Mavrikakis - Le Devoir -
10/06
Quand Louky Bersianik fait la nique à l’histoire de la philosophie dans les rires et avec une certaine joie.
Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des oeuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec, en collaboration avec Le Devoir.
En 1979, sous le nom de Louky Bersianik, Lucile Durand-Letarte publie un récit intitulé Le pique-nique sur l’Acropole. Cahiers d’Ancyl, dans lequel elle reprend pour le transformer Le banquet de Platon, un des textes fondateurs de la philosophie occidentale, transmis avec respect à travers l’histoire. Sortie de la pensée binaire, éclatement des genres, prise de parole des femmes, jouissance : tout est déjà en place pour faire basculer l’ordre ancien.
S’approprier cette oeuvre importante est d’emblée chez Bersianik un geste iconoclaste. Le pique-nique… fait résonner en lui le texte fort étudié de Platon, mais il y introduit une étrangeté. Sous la plume de l’écrivaine, la question de l’amour est débattue à travers des dialogues entre femmes, déplaçant ainsi de façon irrévérencieuse les propos sur Éros de Socrate et de sa bande d’amis et conduisant joyeusement les doctes pensées vers la question de la jouissance féminine.
Si les femmes et même la joueuse de flûte ont été évincées du banquet donné par... [Courte citation de 8% de l'article original]
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