Mégabassines : solution ou réponse "insensée" à la sécheresse ?

Euronews - 08/06
Peu après la manifestation contre le projet de mégabassine à Sainte-Soline dans l'ouest de la France, notre reporter Bryan Carter se rend sur place pour comprendre les raisons de la colère et les répercussions potentielles de ces enjeux à l'échelle de l'UE. #EuronewsWitness

Dans l'ouest de la France, le Marais poitevin, deuxième plus grande zone humide de France, est l'épicentre du conflit autour des retenues d'eau destinées à l'irrigation agricole, officiellement appelées réserves de substitution. Les opposants à ces gigantesques réservoirs les appellent "bassines" ou "mégabassines".

Partout où ces projets voient le jour, la résistance s'organise contre ces retenues accusées de piller les ressources d'eau souterraine. Sur le front judiciaire d'abord, des associations environnementales ont fait condamner plusieurs réserves de substitution qui ont été déclarées illégales en raison d’études d’impact insuffisantes ; sur le front de l'action directe ensuite, avec le sabotage de plusieurs de ces bassines.

Dernier front : la mobilisation de masse. Ainsi, le 25 mars 2023, une manifestation interdite, à Sainte-Soline, a rassemblé entre 6 000 et 30 000 personnes, selon les sources, et marqué un tournant historique dans le combat pour l'accès à l'eau, par son ampleur d'abord, mais aussi par les images des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants qui ont fait plus de 200 blessés parmi ces derniers.

"Il faut tout faire pour remettre l'eau dans les sols" (Jean-Jacques Guillet, porte-parole de "Bassines Non Merci")

Quelques semaines plus tard, nous retrouvons dans les Deux-Sèvres, Mathieu, militant de "Bassines Non Merci", l'évolution du mouvement vers des méthodes plus frontales n'a rien d'un hasard. "Pendant quatre ans, on a balayé tous ces champs d'action possibles, avec des mobilisations, conférences, tables rondes, débats publics," explique-t-il. "On voit que malgré cela, le dialogue n'est pas possible et que les premiers projets commencent ; effectivement, à ce moment-là, il y a une évolution également, dans notre forme de mobilisation," reconnaît-il. "Ce qui n'empêche pas pour autant, de continuer à poursuivre cette demande de réouverture de dialogue et de moratoire parce qu'il y a que comme ça qu'on pense qu'on pourra en sortir," estime-t-il.

La lutte se poursuit donc du côté de militants comme Joëlle Lallemand, présidente de l'APIEEE (Association de Protection, d'Information et d'Études de l'Eau et de son Environnement). Elle nous livre son point de vue : "Il y a encore des endroits préservés [dans le Marais poitevin], mais c'est en train de se rétrécir parce que partout, la tendance a été pendant des années, à détruire les prairies humides et à les remplacer par du maïs," explique-t-elle.

Porte-parole ...
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