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Le Sénégal sur une ligne de crête
MSN -
06/06
REPORTAGE. Les manifestations qui ont secoué Dakar et plusieurs villes du pays, à la suite du verdict du procès Sonko, ont mis KO l'économie et aussi l'éducation.
Depuis jeudi, de violentes manifestations ont éclaté à Dakar, la capitale, et dans plusieurs grandes villes du pays suite à la proclamation du verdict du procès de l'opposant Ousmane Sonko, condamné à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse ». Colère, peur, indignation et lassitude semblent être les sentiments les mieux partagés parmi les Sénégalais interrogés sur cette situation inhabituelle qui menace de diviser la cohésion nationale.
Deux ans de procédure judiciaire, un dossier de 471 pages et un verdict, 72 heures de manifestations et 16 morts, c'est le bilan d'un feuilleton politico-judiciaire qui a tenu tout un pays en haleine. L'épilogue d'une procédure ouverte en mars 2021 suite à la plainte pour viol et menaces de mort de l'ex-masseuse, employée d'un salon de beauté à Dakar, Adji Sarr, contre l'opposant Ousmane Sonko, président des Patriotes africains du Sénégal pour l'éthique, le travail et la fraternité (Pastef). Le verdict, prononcé le jeudi 1er juin 2023, condamne le candidat à la présidentielle de février 2024 à deux ans de prison ferme pour « corruption de jeunesse », le rendant ainsi inéligible, a littéralement mis le feu à Dakar et à Ziguinchor mais aussi dans d'autres villes du pays.
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L'éducation ébranlée par ces trois jours de « chaos »
De violentes manifestations, accompagnées de scènes de pillage et de saccages d'infrastructures de l'État notamment des bâtiments administratifs ont été notés entraînant des mesures fermes des autorités. Dès le lendemain des troubles, les campus des universités ont été fermés, le train express régional (TER) mis à l'arrêt du fait de l'incendie d'une de ses gares. Dakar a pris des allures de ville assiégée et plusieurs artères de la capitale, jonchées de pierres, de pneus et d'ordures calcinées portent encore les stigmates de trois jours de « chaos » comme certains journaux ont titré.
Face à cette situation, beaucoup de Sénégalais ont préféré se confiner volontairement, craignant pour leur sécurité et celle de leurs enfants dont les écoles ont pour la plupart fait parvenir des messages invitant leurs parents à les garder à la maison. Pour Ndeye M., enseignante dans un établissement public et parent d'élève préférant garder l'anonymat, « c'est une situation qui risque de perturber les enfants car cela crée une cassure dans leur rythme de travail et la reprise sera d'autant plus difficile, alors q... [Courte citation de 8% de l'article original]
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