Can Dündar, journaliste en exil : « La moitié de la Turquie n’a pas abdiqué »

Humanite - 27/05
Sa tête a été mise à prix par le président Erdogan et pourtant, depuis son exil forcé en Allemagne, le journaliste Can Dündar continue de résister à l’autoritarisme de l’AKP. Il livre ses espoirs mais aussi ses craintes, à la veille du second tour de la présidentielle où s’affrontent l’opposition rassemblée et l’autocrate d’Ankara, prêt à tout pour conserver le pouvoir. Entretien. 

En 2016, le journaliste turc Can Dündar a été forcé de s’exiler en Allemagne. Le rédacteur en chef de « Cumhuriyet », un des principaux quotidiens de l’opposition, est directement menacé par Recep Tayyip Erdogan.

Son crime : avoir révélé en 2015 que l’État turc livrait des armes, via les services secrets, aux djihadistes en Syrie. Aujourd’hui, il livre son analyse sur la présidentielle en Turquie, à la veille d’un face-à-face inédit entre Kemal Kiliçdaroglu et le président sortant, le 28 mai.

Le premier tour de la présidentielle, le 14 mai, a confirmé l’emprise de Recep Tayyip Erdogan sur la Turquie. Comment réagisez-vous ?

Rien n’est joué d’avance en Turquie ; des retournements ont lieu en permanence. À la veille du premier tour, nous étions incroyablement optimistes  : les sondages laissaient penser qu’une défaite de Recep Tayyip Erdogan était envisageable pour la première fois en vingt et un an.

La colère des gens à son égard est réelle pour une partie de la société. La Turquie traverse une période difficile après un séisme meurtrier (46 000 morts) et une violente crise économique, avec une inflation qui dépasse les 100 %. Ces éléments ont renforcé nos attentes de changement et nos motifs d’e...
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