[Festival de Cannes] Les deux vies de Caligula

Valentin Maniglia - LeQuotidien - 27/05
En Italie, on les appelait les «kolossal» : des superproductions en costumes d’époque, tournées en...

Le pari était d’en faire le premier film à gros budget avec des scènes de sexe non simulées. Caligula deviendra un projet chaotique et bâtard, entre péplum fauché et porno commercial. Quarante ans plus tard, le film connaît une nouvelle vie.

En Italie, on les appelait les «kolossal» : des superproductions en costumes d’époque, tournées en studio, à la longueur hors normes et au coût faramineux, destinées à engranger un maximum d’argent. Une forme morte lorsque l’on a commencé à parler de «blockbusters» (terme qui fait moins dans l’harmonie allemande), mais, au sud des Alpes, Caligula reste considéré comme le dernier «kolossal». Soit le film de tous les excès : 3 000 costumes et plus de 1 000 figurants, d’illustres acteurs shakespeariens déambulant au milieu de scènes d’orgies non simulées, et une guerre d’ego sans fin entre les trois têtes pensantes du projet. Une œuvre à nulle autre pareille, promise à faire revivre, pour un instant seulement, l’âge d’or de ce cinéma flamboyant – et mourir avec lui.

Aux origines de Caligula, il y a Bob Guccione, fondateur du magazine de charme Penthouse, qui se distinguait – pour ainsi dire – de son principal rival, Playboy, en offrant à ses le...
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