Touchée de plein fouet par la tragédie du 4 août 2020, la fameuse villa blanche de la rue Sursock, qui abrite depuis 1961 le musée d’art moderne du Liban, reprend vie, après plus de 2 ans de travaux de réparation. Financés en grande partie (à hauteur de 2 millions de dollars) par la Fondation ALIPH et la coopération italienne, sous la supervision de l’Unesco et du ministère français de la Culture, les travaux de réhabilitation sont aujourd’hui intégralement achevés. Et la demeure beyrouthine à l’architecture délicate, mélange de styles vénitien et ottoman du début du XXe siècle, a enfin retrouvé ses couleurs ! Celles, vives et engageantes, des vitraux de sa façade extérieure d’abord, dont les originaux réduits en miettes par le souffle de la double explosion au port de Beyrouth ont été remplacés par de nouveaux réalisés à l’identique par la maitre-verrier Maya Husseini sur des plaques fournies par l’usine de Saint-Just (filiale de Saint-Gobain). Et celles des œuvres picturales ensuite. Qui après être passées pour une soixantaine d’entre elles par des ateliers de restaurations ici et à l’étranger – dont ceux du Centre Pompidou – sont à nouveaux accrochées sur ses cimaises.
« La première phase de recouvrement du Musée a eu lieu avec la réparation des murs. La deuxième quand on a pu y accrocher à nouveau les œuvres. Et la troisième ne s’accomplira qu’avec le retour des visiteurs. On les attend. On vous attend », lance avec ferveur Karina el-Hélou, la directrice de l’établissement muséal, à la veille de sa réouverture officielle aujourd’hui vendredi.
Karina el-Hélou, la directrice du musée Sursock, devant « Vision de cauchemar », une œuvre surréaliste de Georges Corm. Photo Michel Sayegh
De ruptures en renaissances…Il s’agit de la « presque » cinquième ouverture pour ce musée qui a traversé depuis sa création une alternance de périodes d’activité et d’arrêt. Comme des ruptures dans son chemin de vie, inextricablement lié au destin d’une ville, Beyrouth, elle-même périodiquement sujette à des convulsions mortelles et… des renaissances. De chambardements pour cause d’élargissement de ses espaces d’exposition en chantier de reconstruction post-explosion, de petites guerres administratives en véritables périodes de combats, le musée Sursock aura connu toutes sortes ...
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