Lydia Steier, Tobias Kratzer et Simon Stone sont les représentants d'une nouvelle génération de metteurs en scène qui sait comment apporter une touche de modernité aux chefs-d'œuvre classiques comme le conte épique de "Faust", conçu par Tobias Kratzer à l'Opéra Bastille à Paris.
"C'est du grand opéra et il était évident pour moi qu'il devait y avoir du spectacle," explique le metteur en scène allemand. "Pour ce grand voyage que Faust et Méphisto font à travers Paris dans notre mise en scène, il fallait aussi une surabondance d'images," décrit celui qui intègre les techniques du cinéma à ses réalisations.
"Je pense que ce que Tobias a très bien compris, c'est que l'on peut donner une idée contemporaine de ce 'Faust', du thème de 'Faust', avec des moyens d'aujourd'hui comme les vidéos - tout cela était extrêmement bien fait -," indique Alexander Neef, directeur général de l'Opéra national de Paris. "Du coup, pour le public, on donne l'impression que cette histoire, c'est nous, aujourd'hui," souligne-t-il.
L'Allemand Tobias Kratzer a remporté des prix prestigieux et dirigé des productions dans de nombreux opéras à travers le monde. Le secret de sa réussite ? Il s'entoure toujours de la même équipe : l'artiste vidéo Manuel Braun et le décorateur et créateur de costumes Rainer Sellmaier.
"C'est toujours plus intéressant à chaque fois, parce qu'en réalité, on s'incite mutuellement à développer sans cesse des espaces totalement inédits, mais aussi de nouvelles approches des œuvres," confie Tobias Kratzer. "Dans le cas de 'Moïse et Pharaon' [ndlr : créé au Festival d'Aix-en-Provence l'an dernier, puis présenté à l'Opéra de Lyon], on ne savait pas très bien dès le départ si nous visions une lecture politique ou si cela allait devenir un grand discours de foi : est-ce que Rossini minimise tout cela avec sa musique et est-on hors sujet ?" raconte-t-il. "Et finalement," ajoute-t-il, "on arrive au moment de vérité où l'on doit choisir une approche et le faire de manière parfaitement cohérente."
Dans cet opéra de Rossini qui évoque l'Exode de Moïse...
[Courte citation de 8% de l'article original]