Quatre personnes de 24 et 25 années tuées et deux blessés graves âgés de 16 et 23 ans dans un dramatique accident. Voilà le terrible bilan de la collision survenue dimanche matin sur une route départementale de Villeneuve d'Ascq, dans le Nord. Trois gardiens de la paix du commissariat de Roubaix ont perdu la vie : Manon avait 24 ans, Paul et Steven, 25 ans. Le conducteur de l'Alfa Romeo qui a percuté de plein fouet la voiture des fonctionnaires, et qui était connu de la police, est, lui aussi, décédé. Il avait 24 ans et avait consommé de l'alcool et du cannabis.
Ce lundi 22 mai, quelques heures après que le ministre de l'Intérieur a annoncé la tenue d'un hommage nationale aux fonctionnaires, Carole Etienne, procureure de la République de Lille, a donné des précisions sur les circonstances dans lesquelles s'est déroulé cet événement tragique. La magistrate a également livré des éléments sur le profil du conducteur de l'Alfa Romeo impliqué.
Ainsi, les premiers éléments de l'enquête ont rapidement conforté l'hypothèse d'un "choc frontal" entre les deux véhicules, selon les mots de Carole Etienne. L'exploitation de la vidéoprotection de la ville de Villeneuve-d'Ascq et plusieurs témoignages ont en effet permis d'établir que le véhicule Alfa Romeo était engagé à contresens de sa voie de circulation.
"J'ai ordonné une expertise en accidentologie afin de déterminer et de reproduire très exactement les circonstances de ce dramatique accident et notamment les vitesses des véhicules, leur trajectoire et les conditions générales de sécurité des véhicules", a souligné la procureure.
Des investigations complémentaires vont par ailleurs être menées pour "identifier lequel" des deux gardiens de la paix, Paul ou Steven, "était au volant dans le véhicule de police". Manon, la jeune policière décédée, se trouvait elle à l'arrière avec la mineure blessée dans l'accident.
Les premières constatations sur l'Alfa Romeo ont montré que "le compteur de vitesse est resté bloqué juste en dessous de 120 km/h" sur une route limitée à 90 km/h.
Les prélèvements sanguins effectués sur le conducteur de cette voiture ont montré que ce dernier avait consommé de l'alcool et du cannabis. "Les résultats sont tombés : le conducteur de l'Alfa Romeo présente un taux d'alcool dans le sang de 2,08 grammes et il est par ailleurs positif au cannabis", a détaillé Carole Etienne. Un contre-examen permettant de stabiliser ces résultats a été demandé.
"Les premières investigations montrent également que le conducteur du véhicule Alfa Romeo n'était pas au téléphone", a-t-elle ajouté avant de confirmer qu'il était "connu pour des faits de droit commun mais pas pour des délits routiers". Elle n'a pas donné plus de détails sur ce point.
Des prélèvements sanguins ont également été réalisés sur les corps des gardiens de la paix, qui avaient pris ce jour-là leur service à 6h du matin pour un cycle de journée. Le parquet en attend les résultats. "Dès que nous aurons déterminé lequel des policiers était au volant, nous pourrons indiquer précisément son taux d'alcoolémie, s'il y en a un ou s'il n'y en a pas", a répondu la procureure à un journaliste qui l'interrogeait à ce sujet.
"S'agissant de la vitesse du véhicule de police, c'est assez difficile en l'état de la dire sans avoir les résultats de l'expertise accidentologique", a-t-elle dit, soulignant n'avoir pour l'heure aucun témoin audible pour donner aux enquêteurs des informations à ce sujet. En revanche, les enquêteurs ont pu confirmer d'ores et déjà que le véhicule de police circulait "avec son gyrophare" et "sans le deux-tons".
La magistrate a confirmé par ailleurs que l'un ...
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