Les pelleteuses sont entrées en action lundi matin à Mayotte, près d'un mois après le début de l'opération sécuritaire "Wuambushu", qui était quasiment au point mort jusque là. Elles commencent à démolir les cases en tôle insalubres de Talus 2, l'un des plus importants bidonvilles de ce territoire français de l'océan Indien, département le plus pauvre de France, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Ce "décasage" a commencé vers 07h30 locales (06h30 à Paris) dans le quartier de Majicavo, sur la commune de Koungou, dans le nord de l'île, signant le vrai départ de "Wuambushu". Les autorités françaises ont décidé de lancer cette série d'interventions pour réduire l'habitat insalubre et expulser les nombreux migrants en situation irrégulière de Mayotte, pour la plupart venus de l'archipel des Comores voisines. Depuis avril, des centaines de policiers et de gendarmes ont été déployés sur le département.
🔴 #Mayotte #Direct La démolition du bidonville de Talus 2 dans la commune de Koungou a commencé et devrait durer toute la semaine. Opération #Wuambushu pic.twitter.com/sEOhrJe37Q — Outremers360 (@outremers360) May 22, 2023
Prévue initialement pour le 25 avril, la démolition de Talus 2 avait été suspendue par le tribunal administratif, avant que deux nouvelles décisions de justice ne donnent raison à l'État, la dernière datant de mercredi. Au total, ce sont 135 cases en tôle qui devront être retirées dans ce quartier informel, sur un millier de logements insalubres promis à la destruction dans les prochains mois à Mayotte.
Tôt ce lundi matin, des gendarmes équipés de pied de biche sont entrés dans les habitations pour vérifier que personne ne se trouvait à l'intérieur avant le début des démolitions, selon des journalistes de l'AFP sur place. L'électricité et l'eau ont été coupées. Puis les pelleteuses ont commencé à détruire le bidonville, fracassant les murs en dur et écrasant la tôle dans un bruit métallique sourd. La démolition de Talus 2 "devrait durer toute la semaine", a précisé devant la presse Psylvia Dewas, chargée de la résorption de l'habitat illégal à la préfecture de Mayotte.
Dimanche soir, les habitants se préparaient déjà à l'intervention des pelleteuses en rassemblant leurs affaires, certains commençant déjà à détruire eux-mêmes leur case, selon des journalistes présents sur place.
Depuis le début de l'année, nous sommes à 1000 cases insalubres identifiées dans des périmètres visés", avait indiqué vendredi dernier le préfet de Mayotte, signalant que "700 cases ont déjà fait l'objet d'une enquête sociale, ce qui représente 300 familles et environ 1300 personnes". Certains habitants de Talus 2 ont indiqué à l'AFP avoir reçu une proposition de relogement, parfois temporaire, mais pas tous.
"Wuambushu" est accusée d'être "brutale", "anti-pauvres" et violant les droits des migrants par des associations, mais elle est soutenue par les élus et de nombreux habitants mahorais. Sur les 350.000 habitants estimés de Mayotte, la moitié ne possède pas la nationalité française, mais un tiers des étrangers sont nés sur l'île.
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